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Le RN progresse aux municipales, incertitudes à Paris et Marseille
information fournie par Reuters 16/03/2026 à 07:02

Le premier tour des élections municipales en France

Le premier tour des élections municipales en France

Le premier tour des élections municipales en France a permis dimanche aux formations politiques de prendre leur pouls électoral ‌à l'approche de la présidentielle de 2027, à commencer par le Rassemblement national (RN), bien placé à Toulon et Marseille.

Pour ce premier scrutin depuis la dissolution de 2024, le taux de participation s'est élevé à 57,6% selon une projection Elabe - ​en hausse par rapport à 2020, en pleine pandémie de COVID-19 (44,66%) mais moindre qu'en 2014 (63,55%).

Au regard des résultats, l'incertitude dominait dans les grandes villes comme Paris, où la droite ambitionne de mettre fin à 25 années de gestion de gauche, et Marseille, où le maire sortant écologiste et le candidat RN sont arrivés en tête.

Près de 49 millions de Français étaient appelés aux urnes pour ce premier tour qui a donné une équipe municipale aux 23.679 communes (sur près ​de 35.000) qui ne comptaient qu'une seule liste.

Le second tour, le 22 mars, dépendra en grande partie des alliances passées d'ici là dans un paysage politique en pleine recomposition à droite comme à gauche.

Le RN, qui espère s'ancrer localement pour mieux aborder la présidentielle, a salué la victoire au premier tour de ​Louis Aliot, réélu à Perpignan, ville de plus de 100.000 habitants conquise en 2020.

A Beaucaire (Gard), le RN Nelson Chaudon ⁠l'a lui aussi emporté dimanche tout comme David Rachline à Fréjus (Var) et Steeve Briois à Hénin-Beaumont (Nord).

"Le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes", a déclaré le président du RN, Jordan ‌Bardella, dans une allocution à Beaucaire. "Le changement n'attend pas 2027, il commence dès dimanche prochain."

A Toulon, autre ville convoitée par l'extrême droite, la députée RN Laure Lavalette se retrouve dans une triangulaire après avoir remporté 42,20% des voix au premier tour.

EDOUARD PHILIPPE EN TÊTE AU HAVRE

Du côté du "bloc central", une triangulaire se profile au Havre, où l'ancien Premier ministre Edouard Philippe ​est arrivé en tête avec 43% des voix selon Elabe, devant le communiste Jean-Paul Lecoq (33,3%) ‌et le candidat RN Franck Keller, à 15%.

"J'appelle au plus large rassemblement possible", a déclaré le président d'Horizons, qui a subordonné sa candidature à l'élection présidentielle ⁠à une victoire au Havre.

A Nice, le maire sortant (Horizons) Christian Estrosi est arrivé en deuxième position (31,8% selon Elabe), dix points derrière Eric Ciotti (41,5%), allié du RN et partisan de l'union des droites.

Le président de Renaissance, Gabriel Attal, s'est félicité devant la presse de l'élection d'une centaine de maires de son mouvement dès le premier tour. "Nous ne participerons à aucune alliance, ni avec l'extrême gauche de La France insoumise, ni avec l'extrême droite", a-t-il dit.

Le maire de Vernon (Eure), François ⁠Ouzilleau, a été élu dès le premier tour, ‌ce dont s'est félicité le Premier ministre Sébastien Lecornu, troisième sur cette liste normande.

Le parti Les Républicains (LR), qui administre près de 60% des communes de plus de 30.000 habitants, a dit ⁠son espoir de conserver une puissante base territoriale.

"La droite fait mieux que résister, la droite se renforce", a dit le président de LR Bruno Retailleau, candidat à l'Elysée, appelant à faire barrage à La France insoumise (LFI).

A gauche, Manuel Bompard, ‌coordonnateur de LFI, a souligné la "progression remarquable" de son mouvement, en tête à Roubaix (Nord) et au coude-à-coude pour la première place à Lille avec le représentant du reste de la gauche.

Le député insoumis a ⁠appelé à la "constitution d'un front antifasciste" et à la fusion des listes de gauche "en mesure de se qualifier au second tour".

Bien implanté localement, le Parti ⁠socialiste (PS) a exclu tout accord national avec LFI, ce que ‌le Premier secrétaire Olivier Faure a confirmé dimanche.

"La marche de l'extrême droite de l'Elysée n'a rien d'inéluctable, seule la résignation est fatale", a-t-il dit, estimant en outre que (le chef de file de LFI) "Jean-Luc Mélenchon n'a pas la capacité d'emmener ​la gauche vers la victoire".

DATI CONTRE "UNE GAUCHE À BOUT DE SOUFFLE"

Largement en tête à Paris, le candidat de la "Gauche unie" Emmanuel ‌Grégoire a appelé à se mobiliser "face à la droite extrémisée prête à se corrompre avec l'extrême droite".

Selon des projections Elabe, l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo est arrivé en tête avec 38,70% des voix devant l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati (24,70%).

Autour de 12%, le centriste ​Pierre-Yves Bournazel (Horizons, Renaissance) et la candidate insoumise Sophia Chikirou, sont en mesure de se maintenir au second tour. La candidate Reconquête Sarah Knafo était quant à elle incertaine, autour de 10%.

Rachida Dati a lancé un appel aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo, contre "une gauche sectaire et à bout de souffle".

A Strasbourg, l'ancienne ministre socialiste Catherine Trautmann est arrivée en tête avec 25% des suffrages selon une estimation Ipsos BVA CESI pour France Télévisions, devant le LR ⁠Jean-Philippe Vetter (23%) et la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian (18,8%).

Tout est ouvert à Marseille où le maire de gauche sortant Benoît Payan est en première position avec 36,80% des voix selon Elabe, juste devant le candidat du RN Franck Alisio (34,30%) et à distance de la candidate LR soutenue par Renaissance et Horizons Martine Vassal (13%) et du candidat LFI Sébastien Delogu (12%).

A Lyon, l'ancien patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, 76 ans, qui fait ses débuts en politique avec le soutien de LR et de Renaissance, est arrivé derrière le maire sortant écologiste Grégory Doucet (35,4% contre 37,3% selon un sondage France Télévisions CESI). Il a mis en garde la gauche contre un "accord de la honte" avec LFI.

A Bordeaux, le maire écologiste sortant Pierre Hurmic est arrivé en tête avec 27,68% des voix et une triangulaire est prévue avec "le macroniste" Thomas Cazenave et l'économiste Philippe Dessertine.

D'ici mardi soir, toute liste ayant recueilli plus de 5% des suffrages peut fusionner ​avec une autre liste.

(Elizabeth Pineau et Sophie Louet, édité par Blandine Hénault)

4 commentaires

  • 08:39

    En tout cas à PARIS, M. DATI allait finir en tête au 1er premier tour d'après les sondages, les journalistes prévoyaient également un bon score on voit le résultat. A NICE "le paria de la droite" va vraisemblablement faire chuter ESTROSI si sûr de lui et de sa réélection. A MARSEILLE le RN frappe à la porte. Et au HAVRE E. PHILIPPE "a déjoué" les pronostics.


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